« Hellas Reconnaissante » (1858) de Theodoros Vryzakis. Collection de la Gallery National de Grèce, Athènes.

L’an 2021 est une année importante pour toute l’humanité, car les jeunes générations, et en particulier celles des États démocratiques, sont déjà habituées à être confrontées à un ennemi invisible, appelé Covid-19, qui a imposé un nouvel ordre de choses. Pour la première fois, toute au long d’une année entière, l’humanité dans son ensemble, vivent le respect des droits de l’homme fondamentaux, pour lesquels des générations et des générations se sont battues, des cœurs ont été brisés et du sang a été versé partout, sacrifié au nom de « l’intérêt de la santé publique ».

Les restrictions à la liberté des déplacements, la distanciation sociale, professionnelle et familiale, l’isolement même moral et un masque constant couvrant nos visages et nos émotions ne sont que quelques-uns des éléments qui marqueront historiquement l’année 2021.

Mais l’année 2021 restera gravée dans le cœur et la mémoire de nous tous pour une raison de plus… le peuple grec a, tout à fait le droit, désormais fier, 200 ans plus tard, de célébrer sa libération de l’Empire ottoman et la restauration de la démocratie et de la liberté dans le pays qui en est leur berceau.

A l’occasion de l’année 2021, année de l’anniversaire de la Révolution grecque de 1821 (année et Révolution des mots du genre féminin), ce texte est également dédié à chaque femme du monde entier qui cherche sa force intérieure et sa liberté, à chaque mère appelée à créer des citoyens libres, à chaque femme modèle de moralité et d’esprit libéré des chaînes que la société moderne tente de lui imposer, comme à chaque femme de 1821 qui, avec une bravoure excessive, a défié la mort pour se sacrifier pour notre avenir libre.

Des femmes grecques et européennes, à une époque où les mots  »droits des femmes et égalité  » sonnaient imprécis, voire offensants, cherchant un meilleur avenir pour leurs enfants, un lendemain où chaque enfant sera libre de choisir les couleurs avec lesquelles il dessinera… un avenir où nous choisirons notre destin… un lendemain où nous pouvons aimer sans crainte … un lendemain où nous ne n’appartiendrons qu’à nous-mêmes!, femmes qui se sont battues, femmes qui se sont rebellées, femmes qui ont souffert, femmes qui se sont déchirées, femmes qui se sont sacrifiées aux côtés des combattants comme des hommes … femmes qui sont devenues des combattants invisibles … aux côtés des combattants de première ligne …

« La danse de Zálongo » (1803), Claude Pinet. Collection de Musée Benaki, Athènes.

Femmes comme les SOULIOTISSES qui préféraient mourir en sautant d’une falaise, en dansant ensemble et avec leurs enfants dans leurs bras… Pour ces femmes, le choix de la mort équivalait à la liberté, car c’était le seul moyen d’échapper à l’occupation par l’ennemi, occupation imposée par toutes sortes de violence et des peines tant physiques que morales. Pour ces femmes, la possibilité de choisir leur mort était la réponse au mode de vie qu’elles devaient subir par les Turcs occupants… Pour ces femmes, leur « NON » en réponse à l’humiliation qu’elles ont subie à cause des viols et leur esclavage promu sur les marchés turcs.

Une de ces femmes est Laskarina BOUBOULINA, une combattante de la Révolution de 1821 ayant contribué avec tous ses moyens et avec un grand sens du patriotisme. Défiant la peur de la défaite et de la mort, Bouboulina a offert à la Liberté des grecs fois de l’argent, des munitions et des navires tout comme son propre fils, qui a péri au combat contre les Turcs.

Une de ces femmes est Manto MAVROGENOUS, qui a participé aux opérations militaires, qui a donné ses biens et qui a mobilisé avec ses lettres enflammées la population féminine européenne pour se mettre aux côtés de la nation grecque.

Une de ces femmes est Evanthia KAIRI qui a réveillé les femmes grecques d’Amérique et de la population philhellène pour les aider dans leur lutte pour la liberté.

Ces figures féminines et bien d’autres de notre pays ont inspiré et mobilisé la Grèce mais aussi le monde entier …

Ce sont elles qui ont appris aux femmes qu’elles ont le pouvoir et les ressources pour se tenir sur un pied d’égalité avec les hommes … ce sont elles qui ont « allumé » la révolution et la liberté dans les âmes de nombreuses femmes et générations futures.

Ainsi, les femmes philhellènes agissent partout, coopèrent parfaitement avec les hommes pour atteindre le résultat souhaité. Elles créent même des comités philhellènes féminins autonomes.

En France, entre autres, des femmes se démarquent : Madame de Staël, Elisabeth Santi Loumaki – Chénier qui a contribué à la création de l’Hôtel Hellénophone, où de nouveaux membres ont été recrutés pour préparer la Révolution et envoyer des armes dans la zone prérévolutionnaire grecque.

Dans le but de libérer la Grèce, Madame de Récamier a soutenu la lutte grecque avec ses propres ressources et collectes des fonds. Les poètes Amable Tastu et Delphine Gay ou de Girardin, la princesse d’Orléans Louise Marie Thérèse Charlotte Isabelle d’Orl Sophie de Marbois- Lebrun, duchesse de Plaisance qui a levé environ 3000 francs en faveur des Grecs.

Ces femmes philhellènes ont soutenu financièrement les besoins militaires de la lutte nationale grecque. Ces philhellènes ont mis en place après la libération, des infrastructures éducatives de la nation dans le nouvel État grec.

En Suède, la princesse Sophia Albertina joua un rôle important dans la fondation du Comité Phil hellénique des femmes, transformant son palais en un Centre de philhellénisme, en attirant de nombreuses femmes pensantes qui se sont précipitées pour soutenir la lutte des Grecs contre le joug turc.

Au Danemark, des femmes comme Karen Margrethe « Kamma » Rahbek mobilisent la société danoise et l’appellent à l’action en faveur de la lutte des Grecs, tandis qu’en Suisse, Anna Eynard – Lullin met en place un comité Phil hellénique des femmes, où des réceptions et des concerts sont organisés pour collecter des fonds. La publication des articles dans la presse renforce l’âme de la nation révolutionnaire grecque.

En Pologne, le travail d’Emilia Sczaniecka, également connue sous le nom de « Bubulina de Pologne » a été remarquable avec la création du « Comité d’aide aux Grecs » et la tenue de collectes de fonds pour soutenir les enfants orphelins des victimes de la lutte révolutionnaire ou les Grecs blessés.

Le rôle décisif en Angleterre a été joué par l’historienne Mary Shelley, qui a appris la langue grecque, pour écrire des ouvrages consacrés à la Révolution grecque et influencer la lutte des Grecs contre les hommes puissants de l’époque.

En Allemagne, des personnalités féminines telles que les écrivains Amalia von Imhoff-Helvig, Friederike Brun, Louise Brachmann, la baronne Julie Charlotte Dorothea Therese von Richthofen, Johanna Kinkel et d’autres ont publié de nombreux ouvrages inspirés et dédiés à la Révolution grecque et ont investi à l’éducation des filles. Certaines ont fondé des écoles sur cette nouvelle base de la liberté de la pensée.

En Roumanie, la lutte de Dora d´Istrie, dite Elena Ghica (Eleni Gika – Masalsky, 1828-1888), fille du prince Michael Gika, fut particulièrement importante. Elle a soutenu la lutte des Crétois et le retour des îles Ioniennes en Grèce.

La Révolution de 1821 est un grand événement non seulement pour la nation grecque, mais aussi pour le monde entier. Des personnes de toutes confessions, niveaux sociaux, toutes nationalités confondues se sont unies pour se battre pour la LIBERTÉ.

Les femmes qui surmontent leurs peur pour s’unir dans le combat …

En France, la « manie grecque » de l’époque révolutionnaire atteint le point d’influencer même la mode.

Les vêtements dits « Robes de dame à la Bobeline » ont été consacrés tirant leur source d’inspiration par les combattantes grecques.

 

Maxim Gorki écrit dans son ouvrage « La mère » :

« Donnez-moi de meilleures mères pour vous donner un meilleur avenir. »

J’oserai compléter cette phrase comme suit :

« Donnez-moi des mères libres d’esprit et de cœur pour vous donner un monde meilleur   … »

A vous toutes, femmes que vous vous êtes battues et vous vous battez tous les jours pour vos nobles causes, un grand merci … car grâce à vous j’écris ce texte aujourd’hui.

Anthi SPILIOTOPOULOU

Responsable Des Ressources Humaines

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